Attention aux Supers témoins

Il y a trois sortes de témoins. Celui qui a bien vue, mais qui doute de qu’il a vu. Celui qui a mal vu et croit avoir bien vu. Celui qui n’a rien vu et jure avoir tout vu.

– André Prévost (citation)

À titre d’enquêteur, il est important de connaître à quel type de témoin (personne) vous serez confronté. Il existe quatre types de personnes : le plaignant, la victime, le témoin et le suspect. Règle générale, le plaignant est souvent la victime et, tout comme le témoin, le plaignant peut également être votre suspect. D’où l’importance de prendre de bonnes notes ainsi que les faits tels qu’ils vous sont racontés (version pur). Ne soyez pas naïf, ni trop suspicieux. Ayez du jugement et du discernement.

En ce qui a trait au « Super témoin »… On les reconnaît par le fait qu’ils sont à la recherche d’attention, ou en mal de publicité telle que passée à la télé dans les journaux, etc. Règle générale ce genre de témoin dit fouineur se rend sur la scène et en regardant à gauche et à droite s’invente une histoire sur ce qui s’est réellement produit.

À titre d’exemple, lors d’un accident de la route avec un véhicule sur le toit, un témoin arrivant après les évènements regardera la scène. Il se peut qu’il y ait des traces de freinage datent de plusieurs jours voir semaines, une clôture arrachée, un lampadaire heurté lors d’un précédent accident et votre témoin vous dira… « Le gars roulait vite, il a tenté de freiner et a percuté le lampadaire avant de faire plusieurs tonneaux »

Il y a aussi les témoins visuels, habitant parfois ensemble, qui dans le même laps de temps, constate des faits et ont une perception différente des événements selon leurs valeurs, croyances et même état physique (vient de se lever, sous l’effet de l’alcool). Tout comme le témoin de la scène d’accident, bien qu’ils sont à constater l’évènement, interprètera les faits.

Lors d’une enquête incendie, suivie d’un procès, le mari déclara :

J’ai vu le conteneur à déchets s’enflammer très rapidement. J’ai alors appelé les pompiers. Le feu était hors de contrôle. J’ai alors évacué la maison avec ma femme et mon bébé. Puis le feu s’est propagé à tout le bâtiment. J’ai seulement entendu le crépitement du feu et c’est là que j’ai regardé et vu le feu à l’intérieur du compacteur à déchets. Il était entre 2 h 30 et 3 h À la question avez vous regardez l’heure ce dernier a répondu : Non, je ne l’ai pas fait, j’étais paniqué.

De son côté, sa femme déclara les faits suivants :

Le soir du feu, j’étais couchée lorsque j’ai entendu un bruit. Moi et mon mari avons alors regarder dehors. J’ai constaté que la rallonge en arrière de l’entreprise était en feu précisant qu’elle voyait des flammes et de la fumée. À la question avez-vous vu le feu ailleurs? Celle-ci répondit non, le feu après sur le poteau. Elle mentionnera s’être réveillé vers 2 h 5 -2 h15.

Il est à noter que le lieu, les noms et indications pouvant identifier ces personnes ont été délibérément enlevés. Cependant, sachez qu’il s’agit de faits publics ayant été mentionnés lors d’un réel procès dont j’ai été moi-même impliqué.

Référence aide : Psychologie des Entrevues d’Enquête de la recherche à la pratique Auteurs Michel St-Yves et Jacques Landry, Éditions Yvons Blais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain Harvey

Ex-policier-enquêteur, Alain Harvey est aujourd'hui reconnu à titre de témoin expert civil et criminel en matière d'enquête incendie. Certifié «CFEI» Certified Fire and Explosion Investigator depuis janvier 2003, il dirige une entreprise spécialisée en enquête incendie et de contre expertise depuis 1997. Formateur reconnu auprès de la Chambre d'Assurance de Dommages, il a également été impliqué au sein du programme de formation RCCI de 135 heures en enquête incendie du Campus Notre-Dame-de-Foy. Formateur agréé depuis juin 2015 à la Commission des partenaires du marché du travail, Numéro d’agrément 0057752, M. Harvey est Président de la section Québec de l'Association Internationale des Enquêteurs en Incendie criminel.